C'est dans le cadre du Stückparcours à Basel qu'a été réalisée une installation vidéo autour de mon texte Naissance de la violence (Une histoire d'amour). Cette installation reprend vie maintenant sur youtube.
Extraits de différents textes de théâtre déjà créés à la scène ou encore en cours d'écriture. Ainsi que des informations sur la vie de ces mêmes textes.
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mercredi 3 juillet 2013
samedi 24 septembre 2011
Naissance de la violence au Luxembourg
C'est un moment émouvant pour un auteur d'apprendre qu'un de ses textes aura droit à une deuxième vie sur scène. C'est ce qui est en train de m'arriver avec Naissance de la Violence (Une histoire d'amour), prix de la Société suisse des auteurs 2006, que j'ai créé en janvier 2007 à la Grange de Dorigny à Lausanne, avant des représentations à Genève et Neuchâtel. Une nouvelle production voit le jour au Luxembourg au Théâtre du Centaure, dans une mise en scène de Martin Engler.
Un homme, seul, dans un espace clos, est visité par une apparition – celle de sa femme abattue quelques années auparavant lors d’un affrontement avec la police. Ensemble, ils revisitent les différentes étapes de leur engagement dans la lutte armée au cœur des années 1970. Naissance de la violence est inspirée des vies de Renato Curcio et Margherita Cagol, membres fondateurs des Brigades rouges.
DISTRIBUTION
Texte : Jérôme Richer
Avec : Sophie Langevin et Steve Karier
Mise en scène : Martin Engler
Assistant à la mise en scène : Jérôme Konen
Scénographie : Diane Heirend
Coproduction : Théâtre du Centaure et Fundamental A.s.b.l.
Avec le soutien de : Ministère de la Culture, Fonds Culturel National et Ville de Luxembourg
Plus d'informations : Théâtre du Centaure ou Fundamental
DATES DE REPRÉSENTATION
Vendredi, 30 septembre à 20h00
Samedi, 1er octobre à 20h00
Mardi, 4 octobre à 20h00
Vendredi, 7 octobre à 20h00
Samedi, 8 octobre à 20h00
Dimanche, 9 octobre à 18h30
Mardi, 11 octobre à 20h00
Jeudi, 13 octobre à 18h30
Samedi, 15 octobre à 20h00
Lundi, 7 novembre à 20h00
Vendredi, 11 novembre à 20h00
Samedi, 12 novembre à 20h00
Dimanche, 13 novembre à 18h30
Un homme, seul, dans un espace clos, est visité par une apparition – celle de sa femme abattue quelques années auparavant lors d’un affrontement avec la police. Ensemble, ils revisitent les différentes étapes de leur engagement dans la lutte armée au cœur des années 1970. Naissance de la violence est inspirée des vies de Renato Curcio et Margherita Cagol, membres fondateurs des Brigades rouges.
DISTRIBUTION
Texte : Jérôme Richer
Avec : Sophie Langevin et Steve Karier
Mise en scène : Martin Engler
Assistant à la mise en scène : Jérôme Konen
Scénographie : Diane Heirend
Coproduction : Théâtre du Centaure et Fundamental A.s.b.l.
Avec le soutien de : Ministère de la Culture, Fonds Culturel National et Ville de Luxembourg
Plus d'informations : Théâtre du Centaure ou Fundamental
DATES DE REPRÉSENTATION
Vendredi, 30 septembre à 20h00
Samedi, 1er octobre à 20h00
Mardi, 4 octobre à 20h00
Vendredi, 7 octobre à 20h00
Samedi, 8 octobre à 20h00
Dimanche, 9 octobre à 18h30
Mardi, 11 octobre à 20h00
Jeudi, 13 octobre à 18h30
Samedi, 15 octobre à 20h00
Lundi, 7 novembre à 20h00
Vendredi, 11 novembre à 20h00
Samedi, 12 novembre à 20h00
Dimanche, 13 novembre à 18h30
lundi 21 juin 2010
Frapper au coeur de l'Etat
Extrait de Naissance de la Violence (une histoire d'amour) créé en janvier 2007 à la Grange de Dorigny à Lausanne. Soit l'histoire des brigades rouges en Italie à travers les vies de Renato Curcio et Margherita Cagol.
LA FEMME. – Nous prévoyons de le libérer.
L’HOMME. – Le tuer n’entre pas dans nos plans.
LA FEMME. – Nous n’imposons aucune condition à sa libération.
L’HOMME. – Nous ne nous lancerons pas dans un bras de fer que nous pourrions perdre.
LA FEMME. – Nous attendons juste un geste.
L’HOMME. – Sur la caisse de compensation.
LA FEMME. – Le sujet brûlant du moment.
L’HOMME. – Celui qui concerne tous les ouvriers.
LA FEMME. – Une ouverture est faite.
L’HOMME. – Pas de véritable promesse.
LA FEMME. – Nous relâchons Amerio.
L’HOMME. – Dans un jardin public. Avec toutes ses affaires.
LA FEMME. – Cette action spectaculaire et non violente nous rend encore plus populaires.
L’HOMME. – Chaque jour, nous recevons de nouvelles demandes d’adhésion.
LA FEMME. – Plus que nous ne pouvons en traiter avec un minimum de sécurité.
L’HOMME. – Mais cette action ne sert à rien.
LA FEMME. – Un simple coup dans l’eau.
L’HOMME. – Les ouvriers sont humiliés.
LA FEMME. – Ils sont traités plus bas que terre.
L’HOMME. – Personne ne les entend.
LA FEMME. – Le Parti Communiste les a trahis.
L’HOMME. – Le syndicat communiste les a trahis.
LA FEMME. – Le renouvellement du contrat des métallos est signé dans des conditions différentes de celles demandées par la base ouvrière.
L’HOMME. – L’accord est signé à Rome.
LA FEMME. – Loin des usines. Loin du bruit des machines.
L’HOMME. – Loin des odeurs de transpiration et des visages fatigués.
LA FEMME. – Dans des bureaux à l’atmosphère feutrée.
L’HOMME. – Entre personnes en costume.
LA FEMME. – Avec des chaussures cirées.
L’HOMME. – Ce n’est plus seulement à Milan et à Turin que nous devons lutter.
LA FEMME. – Mais partout.
L’HOMME. – Dans toute l’Italie.
LA FEMME. – Il faut sortir des usines.
L’HOMME. – Frapper au cœur de l’Etat.
LA FEMME. – De ceux qui le dirigent.
L’HOMME. – Les hommes de la Démocratie Chrétienne.
LA FEMME. – Nous prévoyons de le libérer.
L’HOMME. – Le tuer n’entre pas dans nos plans.
LA FEMME. – Nous n’imposons aucune condition à sa libération.
L’HOMME. – Nous ne nous lancerons pas dans un bras de fer que nous pourrions perdre.
LA FEMME. – Nous attendons juste un geste.
L’HOMME. – Sur la caisse de compensation.
LA FEMME. – Le sujet brûlant du moment.
L’HOMME. – Celui qui concerne tous les ouvriers.
LA FEMME. – Une ouverture est faite.
L’HOMME. – Pas de véritable promesse.
LA FEMME. – Nous relâchons Amerio.
L’HOMME. – Dans un jardin public. Avec toutes ses affaires.
LA FEMME. – Cette action spectaculaire et non violente nous rend encore plus populaires.
L’HOMME. – Chaque jour, nous recevons de nouvelles demandes d’adhésion.
LA FEMME. – Plus que nous ne pouvons en traiter avec un minimum de sécurité.
L’HOMME. – Mais cette action ne sert à rien.
LA FEMME. – Un simple coup dans l’eau.
L’HOMME. – Les ouvriers sont humiliés.
LA FEMME. – Ils sont traités plus bas que terre.
L’HOMME. – Personne ne les entend.
LA FEMME. – Le Parti Communiste les a trahis.
L’HOMME. – Le syndicat communiste les a trahis.
LA FEMME. – Le renouvellement du contrat des métallos est signé dans des conditions différentes de celles demandées par la base ouvrière.
L’HOMME. – L’accord est signé à Rome.
LA FEMME. – Loin des usines. Loin du bruit des machines.
L’HOMME. – Loin des odeurs de transpiration et des visages fatigués.
LA FEMME. – Dans des bureaux à l’atmosphère feutrée.
L’HOMME. – Entre personnes en costume.
LA FEMME. – Avec des chaussures cirées.
L’HOMME. – Ce n’est plus seulement à Milan et à Turin que nous devons lutter.
LA FEMME. – Mais partout.
L’HOMME. – Dans toute l’Italie.
LA FEMME. – Il faut sortir des usines.
L’HOMME. – Frapper au cœur de l’Etat.
LA FEMME. – De ceux qui le dirigent.
L’HOMME. – Les hommes de la Démocratie Chrétienne.
La mort de Margherita "Mara" Cagol
Extrait de Naissance de la Violence (une histoire d'amour) créé en janvier 2007 à la Grange de Dorigny à Lausanne. Soit l'histoire des brigades rouges en Italie à travers les vies de Renato Curcio et Margherita Cagol.
LA FEMME. – Le 5 au matin, je te téléphone depuis Acqui Terme. Vallerino est calme. Il ne se plaint pas. J’ai hâte que cela se termine. Je rentre à la ferme Spiotta. Je suis terriblement fatiguée. J’ai été de garde toute la nuit. J’ai besoin de dormir. Mes yeux se ferment tout seul pendant le trajet du retour. Je dois faire un effort pour les garder ouverts et ne pas avoir d’accident. Le camarade est à son poste. Devant la fenêtre. Je vais me reposer. Continue de surveiller. Si tu vois quelque chose d’anormal, réveille-moi. Je monte vers une des chambres à l’étage. Je trébuche dans les escaliers. Je m’affale sur le lit. Je m’endors immédiatement. Un sommeil lourd. Sans rêve. Je suis réveillée par des coups sourds frappés à la porte. Je n’ai pas dû dormir plus d’une heure ou deux. Je bondis vers la fenêtre. Dehors, je vois trois carabiniers. Je sors de la chambre. Je dévale les escaliers. Le camarade me regarde l’air ahuri. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je me suis endormi. Merde. Merde. Si au moins, nous avions mis le tronc sur le chemin. Qu’est-ce qu’ils font ? Ils n’ont pas l’air de vouloir partir. Ils ont dû repérer les voitures. Bordel. C’est trop con. Se faire pincer comme ça. Nous ne pouvons pas rester là. Nous devons sortir d’ici. C’est notre seule chance. Prends ta mitraillette et les grenades. Grouille. Plus nous leur laissons du temps, plus ils peuvent s’organiser. Appeler des renforts. Que faisons-nous de Gangia ? Nous le laissons où il est. Merde à Gangia. Nous devons sauver nos peaux. C’est la priorité. Ouvre la porte. Je sortirai la première. Maintenant. Je crois que j’ai peur. Je n’ai pas le temps d’y penser. Je me retrouve face aux trois carabiniers. Ils n’ont pas l’air surpris. Les coups de feu éclatent par rafale. Un bruit assourdissant. Mes mains sont comme collées au pistolet mitrailleur. J’ai subitement chaud. Une grenade explose. Deux carabiniers tombent. Le troisième s’enfuit. Du sang coule de mon bras. Il est très rouge. J’ai dû recevoir une balle. Dans la panique, je ne sens rien. Je cours jusqu’aux véhicules. Je saute dans une des voitures. Le camarade monte dans la deuxième. Je démarre plein gaz. La voiture patine un peu. Elle avance. Je contourne la ferme. Je me retrouve face à la fourgonnette des carabiniers. Elle gène le passage. J’essaie de l’éviter. La voiture se coince dans le fossé. Le camarade ne fait pas mieux. Il y a un autre carabinier près de la fourgonnette. Il devait appeler les renforts. Sortez de vos véhicules. Sortez de vos véhicules. Les mains en l’air. Je ne le répèterai pas. Je suis un peu sonnée. Je n’ai plus d’arme. J’ai dû la laisser tomber quand je suis montée dans la voiture. Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine. Des gouttes de sueur me tombent du front. Je sors de la voiture. Mon corps chancelle. Je me retiens à la portière. Les mains en l’air. Les mains en l’air. Dans le champ. Assis. Plus vite que ça. Il me reste deux grenades. Fermez-la. Le carabinier se dirige vers l’avant de la ferme. Maintenant. Le camarade jette sa grenade. Elle explose. Rate sa cible. Je n’arrive pas à courir. Je voudrais mais je n’y arrive pas. C’est trop tard. Le carabinier est déjà sur moi. Le camarade a réussi à s’enfuir. Il disparaît derrière un talus. Je resterai là. Je n’entends plus rien. Aucun bruit. Ni même le souffle de ma respiration. Tout est blanc. Je suis fatiguée. Je crois ne jamais m’être sentie aussi fatiguée. Si le carabinier me parle, je ne l’entends pas. Je pense à toi. Je pense à nos montagnes. Je pense à notre voyage de noces qui a été si court. A l’enfant que nous n’avons pas eu. Je pense à mes parents. A mon père qui est malade et que je ne reverrai pas. Quand je lève enfin les yeux, je suis calme. Détachée. Le troisième carabinier, celui qui s’était enfui, s’approche de moi. Il tient son pistolet devant lui. Colère et détermination dans les yeux. Je sais ce qu’il va faire. Je le sens à sa façon de marcher. De s’approcher de moi. L’autre carabinier le sent aussi. Il ne dit rien. Ses collègues sont tombés. Je suis déjà à terre. Je ferme les yeux pour ne rien sentir. Je ferme les yeux pour ne penser à rien. C’est inutile. Le carabinier place son arme sous mon aisselle gauche à proximité du cœur. Je suis morte avant que le bruit de la balle ne résonne dans la campagne environnante.
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